Papi… Papi… Papi…

Il y a près d’une semaine, je reçois un appel de la résidence pour personne semi-autonome où réside mon père, à l’effet qu’il est présentement à l’hôpital Hotel Dieu suite à une vilaine chute dans les escaliers. Diagnostique: une vilaine contusion à la gencive (ouch!) et un dentier brisé. Considérant sont état comme étant peu grave, il devrait obtenir son congé le lendemain.

Le jour suivant, j’ai un message sur ma boite vocale à l’effet que dès son retour, mon père s’est plaint de tremblements au niveau des jambes, au point où il ne pouvait pas se tenir sur celles-ci. Il est alors envoyé à l’hopital de son choix (ce ne fut pas le cas lors de sa chute), soit l’hôpital Jean-Talon.

Un ou deux jours plus tard, soit mercredi dernier, je reçois un appel d’une travailleuse sociale de l’hôpital en question, qui désire discuter de certains trucs avec moi. Optant pour le chemin de la transparence, je lui explique je ne suis pas très proche de mon père, mais que je suis disponible si il y a quoi que ce soit. Elle m’explique alors qu’il est encore sous observation, mais qu’il recommence péniblement à se tenir sur ses jambes. Elle m’indique également que selon l’évolution de sa condition, il n’est pas a exclure qu’il devra peut-être changer de résidence, s’il s’avère qu’il n’est plus en mesure de se déplacer par lui-même.

Ayant été informé qu’il n’a pas de linge de rechange, ni de sous-vêtements supplémentaires (détail, car compte tenu de sa condition, il lui arrive d’avoir des « accidents »), je m’offre de passer à sa résidence dans le but de ramasser ce que je peux.

Plus tôt aujourd’hui, après avoir ramassé certains des effets personnels de mon père, je me rend à l’hôpital Jean-Talon. Je dois admettre que j’ai eu un certain choc en le voyant. Il se déplaçait péniblement à l’aide d’un fauteuil roulant et semblait avoir vieillit de 20 ans, quoique ce n’est pas son premier coup de vieux. En fait, ça fait des années qu’il semble avoir 30 ans de plus que son age véritable. Après lui avoir tenu compagnie pendant une trentaine de minutes, je suis repartie.

D’un point de vue personnel, je trouve pas ça évident comme situation. Comme précisé plus haut, je ne suis pas très proche de mon père. En fait, en toute honnêteté, bien que je n’éprouve rien de négatif à son endroit, je ne ressens ni attachement, ni sentiments de reconnaissance à son égard. Avant de me juger, dites vous qu’il n’y a pas de fumée sans feu…

Cela dit, je me sens disposé à donner un coup de main comme je l’ai fait ce midi, mais sans plus. Du moins, pas pour l’instant. C’est ironique car, veut veut pas, on dirait que c’est le retour du balancier. Durant la deuxième moitié de ma jeunesse (suite au décès de ma mère), sa contribution à mon endroit se limitait à être un pourvoyeur occasionnel, mais rien de plus. Faut dire, pour sa défense, que ses rares tentatives à se rapprocher de moi étaient, généralement, assez maladroites merci (pas évident, adolescence oblige).

Je ne sais pas où tout ça va mener mais, ironie du sort, on dirait que c’est à mon tour d’être le pourvoyeur occasionnel…

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3 responses to “Papi… Papi… Papi…

  • slytherock

    Ma blonde a une théorie intéressante sur notre vie d’adulte;
    À 36 ans elle a dit à sa mère; « On est quitte; les 18 premières années sont de ta faute, les 18 autres sont de la mienne. »
    Après avoir vu mon père s’occupper du sien durant ses dernière années, j’ai rajouté une dernière partie; Nos dernières sont la somme de notre vie.
    Je suis derrière toi quoi qu’il arrive car je sais (par ta bouche ou celle de nos amis communs) une partie de votre relation.
    Ce qui est le plus important c’est; quel est le message que tu as a passer.
    Lui donner raison?
    Lui faire avoir des regrets sur ce qu’il a manqué?
    Être vrai avec toi-même et faire ce que toi tu penses être juste?

    Keep us updated; will think of you my friend.

    Sly

  • Zoltan

    Martin,
    J’ai vécu les mêmes feelings avec mon père.
    Je te comprends a 100 %.
    T’as pas a te sentir coupable ou a te justifier a qui que ce soit.
    Comme dit Sylvain: Sois toi-même.

    Je suis avec toi,
    Z.

  • Le chibouki frustré

    Un gros merci pour vos mots d’encouragements les gars! 🙂

    Je suis d’accord que la meilleure chose est d’être soit même, mais j’ai pas l’habitude d’accorder des permission à M. Hyde… 😉

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