Bonne fête p… Yvan!

En cette journée de la fête des pères, où les « Bonne fête papa! » fusent à même les statuts de Facebook, je dois admettre que j’éprouve un espèce de mélange de tristesse et d’amertume.

Ceux qui me connaissent bien savent que je ne suis pas très proche de mon paternel. Pourquoi? Pas de raisons précises. Juste le résultat de ce qui a été semé, j’imagine… La frustration que j’ai longtemps éprouvé à son égard a, éventuellement, laissé place à l’indifférence pour, finalement, se transformer en empathie… mais jamais en amour… 😦

Étant jeune, ma principale source d’affection venait de ma mère. Je ne peux pas en dire autant de mon père. En fait, je n’ai que deux souvenirs distincts de quality time passé avec lui. La première fois est lorsqu’il m’a emmené voir un film au cinéma, soit un documentaire de l’ONF intitulé Le Chant de la Forêt (que j’avais beaucoup aimé malgré mes 7 ans) et, dans un deuxième temps, lorsqu’il s’était assis avec moi pour m’aider dans un travail d’école (encore là, je devais avoir 6 ou 7 ans max). That’s it! Pas de la mauvaise volonté de sa part, c’est juste qu’il savait visiblement pas comment s’y prendre. A vrai dire, je considère que certaine personne n’ont pas ce qu’il faut pour avoir des enfants, et mon père fait partie de cette catégorie.

Quand mes parents se sont séparés, je n’ai pas vraiment eu d’autre choix que d’aller vivre avec mon père, car l’état psychologique de ma mère était tel qu’elle était considéré comme étant un danger potentiel, autant pour elle même que pour les autres. D’ailleurs, comme vous devez le savoir, elle a finalement mis fin à ses jours quelques temps plus tard, quoique une aura de mystère flottera probablement à jamais concernant ce qui s’est réellement passé, mais bon. Ça, c’est une autre histoire…

Alors que maman était très affectueuse et permissive, mon père était très contrôlant et peu généreux, du moins à mon égard. Disons que le clash de mentalité n’a pas très bien passé. Dès lors, je suis conscient qu’une partie de moi s’est rebellé contre mon père et, veut veut pas, sa sortait comme ça le pouvait. Disons qu’il en a arraché autant que moi, et cela pour des raisons différentes…

Histoire de faire une longue histoire courte, cette rébellion s’est éventuellement soldé en tentative de suicide (je devais avoir 14/15 ans) pour, éventuellement, me retrouvé en centre d’accueil. En fait, il s’agissait d’un foyer pour jeunes ayant des troubles de comportements.

A vrai dire, le temps que j’ai passé au centre Le Goéland est probablement les deux plus belles années de ma vie. Le « centre » était (à l’époque) une très grande maison située sur le bord de la rivière des prairie, habitée par un couple extraordinaire (Yvan et Johanne) et quelques éducateurs supplémentaires. Je dois dire que jusqu’à ce jour, Yvan reste à mes yeux la meilleure figure paternelle que j’ai jamais eu.

Il avait un superbe sens de l’humour (dont j’ai hérité en partie) et était une grande source de confiance et d’encouragements lorsque j’avais un ou des projets en tête. Tout le contraire de mon père qui, à l’inverse, passait son temps à m’inscrire à des cours qui ne m’intéressaient pas dans le but de faire, comme il disait, « un homme de moi » (cadet, judo, hockey, baseball, etc), plutôt que d’encourager ou, au minimum, respecter ce que j’aimais (le cinéma, la musique, les effets-spéciaux de maquillage, etc).

Un bon jour, Yvan est disparu. Cette figure paternelle idéale est sortie de ma vie aussi subitement que ce le fut pour ma mère, et cela sans vraiment savoir pourquoi (les raisons officielles étant visiblement fausses). La rumeur populaire faisait allusion qu’il avait des problèmes avec un groupe de motards (il faisait de la moto), mais bon… Est-ce vraiment important?

Yvan, bien que ton départ m’a fait beaucoup de mal,  je te dis merci! Merci de ton support et de la confiance que tu avais en mon potentiel . Merci également de ta grande affection à mon égard. A vrai dire, au moment même où j’écris ces lignes, je réalise que je n’ai rien ressenti de tel depuis de la part d’autrui, quoique je suis conscient que c’est probablement le résultat d’un blocage inconscient de ma part. Merci également, et cela au risque de me répéter, pour ton merveilleux sens de l’humour. En fait, tu es probablement la personne la plus drôle que j’ai jamais connu.

Pour conclure, merci Yvan pour tout ces beaux souvenirs que je me remémore en pensant à toi. Tu as été à la fois un ami et un père, du moins une figure paternelle telle que je le conçois.

Où que tu sois, je t’aime et je te serre très fort!

Martin

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2 responses to “Bonne fête p… Yvan!

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